Pourquoi j'ai cessé d'être une avocate « pitbull »
Je suis avocate depuis bientôt 30 ans. Et il y a une chose que je n'ai pas toujours racontée : pendant une certaine période, j'ai été ce que l'on appelle, dans notre milieu, une avocate « pitbull ».
Être « pitbull », c'est se montrer agressive, combative, et vouloir écraser l'autre conjoint ou compagnon pour faire plaisir à son client. À l'époque, je pensais sincèrement que c'était ma façon de bien le défendre.
Le jour où j'ai pris conscience des dégâts
Au fil des dossiers, j'ai fini par comprendre que cette manière d'exercer faisait beaucoup de dégâts, et qu'elle ne servait pas forcément la personne que je défendais. Pour plusieurs raisons.
- Les juges ne sont pas dupes. Les magistrats voient très vite quand une stratégie vise surtout à faire mal à l'autre. Cela se ressent dans leur décision.
- Les procédures s'enchaînent. Une décision en entraîne souvent une autre, puis une autre encore. Chaque nouvelle action a un coût financier, mais aussi un coût psychologique, sans parler de l'incertitude permanente dans laquelle vivent alors les familles.
- Les enfants en paient le prix. Les décisions ne sont pas toujours adaptées à leurs besoins. Ils en souffrent beaucoup, et ces décisions ne les sortent pas du conflit entre leurs parents.
- Mon client n'arrive pas à se reconstruire. Tant que le conflit dure, il est difficile d'avancer, de tourner la page, de se projeter. Cela pèse sur sa vie personnelle comme sur sa vie professionnelle.
Une autre façon de faire mon métier
Ce constat m'a poussée à me former. J'ai appris la médiation, le processus collaboratif et la procédure participative, qui sont des méthodes permettant aux familles de trouver un accord plutôt que de s'affronter devant un tribunal. Je me suis aussi formée à l'accompagnement des familles séparées, avec le coaching coparental et la coopération parentale.
Ces formations m'ont apporté de nombreux outils : l'écoute active, la reformulation, la négociation raisonnée, ou encore le « virage à 180 degrés » inspiré de l'école de Palo Alto, qui consiste à sortir des solutions qui entretiennent le problème pour en essayer de radicalement différentes. Elles m'ont aussi fait découvrir des outils psycho-éducatifs, très précieux pour comprendre ce que traversent les parents et les enfants.
Construire plutôt que détruire
Aujourd'hui, ma pratique n'a plus rien à voir avec celle d'hier. J'accompagne les familles pour que leur séparation soit plus constructive, plus apaisée et plus durable.
Cela ne veut pas dire renoncer à défendre ses droits. Cela veut dire défendre ses intérêts, et ceux de ses enfants, autrement et sur le long terme.
Alors, est-ce que cela vous surprend qu'une avocate en droit de la famille préfère construire dans l'intérêt des familles plutôt que de les détruire ?

Si vous traversez une séparation et que vous vous posez des questions, n'hésitez pas à me contacter.





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