Le silence après la séparation : quand les enfants portent seuls le poids des non-dits
- Emmanuelle Glikson

- il y a 1 jour
- 2 min de lecture
Saviez-vous que, selon la pédopsychiatre Catherine Tobin, un enfant confronté au divorce de ses parents peut se retrouver « prisonnier de ce qu’il ressent », incapable de mettre des mots sur sa souffrance ? Le silence, souvent, fait plus de dégâts que la séparation elle-même.
J’ai été marquée par les témoignages de certaines des personnes rencontrées récemment. Pour eux, enfants ou adolescents au moment du divorce de leurs parents, la rupture a souvent rimé avec isolement, angoisse et questions sans réponses. exemple « est-ce que je reverrai Papa » — une question que la personne n’a osé poser à aucun de ses parents.
👉 Pourquoi en parler ? Parce que le divorce, même nécessaire, laisse des traces durables quand il s’accompagne de non-dits, de conflits de loyauté ou de déni. Maurice Berger, pédopsychiatre, explique que l’enfant peut développer des mécanismes de défense (clivage, déni) pour survivre émotionnellement, mais qui l’empêchent de penser sereinement son histoire.
👉 Et aujourd’hui ? De plus ne plus les enfants peuvent être entendus, et les professionnels (psychologues, médiateurs, coachs parentaux, coordinateurs parentaux, auditeurs d'enfants) sont plus accessibles. Pourtant, comment briser la chape de silence ? Comment permettre à un enfant de dire : « J’ai du chagrin » sans craindre de briser ses parents ?
Quelques pistes, inspirées par les retours d’expérience :
✅ Parler concrètement : Expliquer ce qui va changer (lieu de vie, garde alternée…) et rassurer sur l’amour inconditionnel des deux parents.
✅ Écouter sans projeter : « Qu’est-ce que tu ressens ? » plutôt que « Tu dois comprendre que… ».
✅ Éviter les phrases poisons : Pas de critique de l’autre parent, pas de partage d’angoisses
financières ou affectives.
✅ Accepter que chaque enfant vive la séparation différemment : Dans une fratrie, les réactions peuvent varier du tout au tout.
Le plus beau message ?
Celui par exemple d’une mère qui a su dire à ses enfants : « Vous avez le droit d’être heureux avec votre père. » Ou celui d’un homme, qui a construit un mariage solide en apprenant de ce qui lui avait manqué.
Et vous, comment avez-vous vécu (ou accompagné) une séparation parentale ? Quels conseils donneriez-vous pour libérer la parole et apaiser les cœurs ? Quels accompagnement avez-vous mis en place, ou auriez envie de mettre en place ?




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